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Les invocations au profit du défunt

Règles & fondements

samedi 4 octobre 2014, par Ismaïl Ibn Hâdî

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BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

Les preuves distinctives permettant de démontrer le bienfait des invocations à l’égard du défunt figurent dans le Qor’ân, la Sounnah, le consensus des savants et les règles liées à la Législation islamique. Dans le Qor’ân Allâh - Ta’âla - dit : « Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant : « Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux ». » [1] Allâh fait ici l’éloge de ceux qui demandent le pardon pour les croyants qui les ont précédés. Ce qui démontre qu’ils tirent profit des invocations des vivants. Ainsi, nous pouvons dire qu’ils tirent profit des demandes de pardon adressées à Allâh, car ce sont ces morts qui les ont précédés dans la foi et dans l’engagement religieux. Ce qui prouve encore que les invocations de l’ensemble de la Communauté sont bénéfiques au défunt, et plus particulièrement lors de la prière mortuaire. Dans le Sounan il a été rapporté d’après Abû Houreira (radhiallâhu ’anhu) que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) a dit : « Lorsque vous priez sur le mort, soyez sincère dans les invocations. » [2] [3]

Il n’y pas de doute que les invocations font partie des meilleurs œuvres, et constituent une adoration noble dans l’application de l’obéissance à l’égard d’Allâh. Il est dit dans le hadîth : « Certes l’invocation est l’adoration même. » Et Allâh - ’Azza wa Djal - dit : « Implorez-Moi, Je vous exaucerai ! » [4]

SHeikh Muhammad Ibn ’Abdullâh as-Sabîl (qu’Allâh le préserve) a expliqué que les versets et hadîths sur l’ordre d’invoquer et ses bienfaits sont très nombreux, ordonnés par le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) par ses actes et propos. Il est recommandé d’invoquer en faveur des défunts, mais il n’y a pas de preuve dans le fait de se réunir dans une maison et les proches pour les réaliser. Ce qui fait partie de la Sounnah dans l’invocation en groupe est lorsque cela est fait pendant la prière mortuaire. Mais quand au fait de se réunir pour invoquer en dehors de la prière, ceci n’est pas légiféré, que ce soit pour un défunt ou non. Invoquer est donc recommandé mais dans les conditions susnommées. [5]

SHeikh Muhammad Ibn ’Uthaymîn (rahimahullâh) dit qu’il n’y a pas de mal au fait d’invoquer pour le défunt sur sa tombe. Dans ce cas, la personne doit se tenir devant la tombe et invoquer Allâh par des formules comme : « Ô Allâh pardonne lui, accorde Ta Miséricorde, Ô Allâh fait entrer au Paradis, Ô Allâh agrandi sa tombe. » et autres formules exemplaires. [6]

SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahullâh) a expliqué qu’il n’y a pas de verset ou de hadîth qui ferait référence au fait que le défunt ne bénéficie pas des invocations des vivants, et que sa pratique ne ferait pas partie des actes de piété. Au contraire, les imâms de l’Islâm sont unanimes quand au fait que cela lui est bénéfique, ce qui est indiqué par le Qor’ân, la Sounnah et le consensus des savants, et quiconque contredit ce principe fait partie des gens de l’innovation. Les aumônes, selon l’avis unanime des savants, profitent aux défunts ; comme le Hadj, les sacrifices, libérer un esclave, les invocations ou demandes de pardon. Il n’y a pas de divergence à ce sujet entre les imâms de l’Islâm. [7]

SHeikh ’Abdel-’Azîz Ibn ’Abdullâh ar-Râdjihî (qu’Allâh le préserve) a expliqué que le fait de considérer le bénéfice dans des actes consacrés en faveur du défunt, est l’avis adopté par le dogme de pensée de l’imâm Ahmad et les Hanafites. Ils considèrent qu’il est permis d’offrir en aumône au défunt le Hadj et la ’Oumra, de jeûner pour lui ou la lecture du Qor’ân, et que cela apporte des récompenses bénéfiques au défunt. Un deuxième avis, qui est le dogme Mâlékite et Châfiite, considère que pour le défunt il n’y a que quatre choses qui lui sont bénéfiques : les invocations, les aumônes, le Hadj et la ’Oumra, et c’est ce qui est indiqué dans les textes à ce sujet. En dehors de cela, il n’y a pas de récompense qui bénéficie au défunt ; ni pour la prière faite sur lui, ni le jeûne si ce n’est pour les jours à rattraper du mois de Ramadhân, ou d’une expiation d’un voeu ou de l’expiation d’un jeûne. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa salam) a dit : « Quiconque meurt sans avoir jeûné des jours qu’il doit jeûner, que ses proches jeûnent pour lui. » Cela si ses proches veulent jeûner, sinon ils devront nourrir un pauvre pour chaque jour de jeûne non jeuné, en compensation. [8]

Notes

[1Coran, 59/10.

[2Rapporté Abû Dâwoud, Ibn Mâdja, Ibn Hibbân avec une bonne chaîne de transmission

[3Kitâb ar-Roûh de Ibn al-Qayyîm, 2/356

[4Coran 7/55

[5Fatâwa wa Rassâ-îl Moukhtârah du SHeikh Muhammad as-Sabîl, p.309-311

[6Fatâwa Arkân al-Islâm de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.413-414

[7Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 24/307-315

[8Hall ul-’Ouqdati fî Charh il-’Oumdat du SHeikh ’Abdel-’Azîz ar-Radjihî, 1/324

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