D’après Ibn al-Qayyim, Ibn Kathîr et les savants du passé
La purification du cœur est une œuvre quotidienne. Les savants ont souvent rappelé que la réussite du serviteur dépend de sa sincérité, de sa patience et de sa relation avec Allah.
Les brèves paroles rassemblées dans cet article offrent des principes essentiels : comprendre la réalité de la vie d’ici-bas, patienter dans l’obéissance, se protéger de l’amour excessif de la dunya, préserver son temps et vivre pour Allah.
1. La vie n’est qu’un passage éphémère
Ibn al-Qayyim – I’lâm al-Muwaqqi’în
La vie n’est rien d’autre qu’un court instant. Très bientôt, l’intérieur des tombes sera bouleversé, les poitrines seront dévoilées et chacun se tiendra devant Allah.
Ce jour-là, chaque serviteur sera face à ses œuvres. Les partisans du vrai seront distingués des partisans du faux. Ceux qui se sont détournés du Livre d’Allah et de la Sunna sauront qu’ils étaient dans le mensonge.
Rappel essentiel
Cette parole met l’homme devant la réalité : la vie est brève, la tombe est proche et le Jugement est certain. Le salut dépend de l’attachement au Coran et à la Sunna.
Cela incite à corriger le cœur, prioriser l’au-delà et fuir les causes de l’égarement.
2. La patience : deux formes fondamentales
Ibn Kathîr – Tafsîr Ibn Kathîr
La patience est de deux formes :
- patienter en abandonnant les péchés ;
- patienter en accomplissant les obligations et les actes d’adoration.
La seconde forme est meilleure car elle est recherchée par Allah.
Les pieux prédécesseurs disaient : la patience est de supporter ce qui est difficile pour l’âme dans l’obéissance, et de délaisser ce qu’elle désire parmi les interdits.
Un récit mentionne qu’au Jour du Jugement, un appel sera lancé : « Où sont les patients ? Entrez au Paradis sans jugement. » Leur patience était d’avoir évité la désobéissance à Allah jusqu’à leur mort.
Allah dit :
« En vérité, les persévérants seront récompensés sans compter. » (39:10)
Rappel essentiel
Le serviteur progresse par la patience :
- patience dans l’obéissance, même si cela est difficile
- patience dans l’abandon des péchés, même si l’âme les désire
Sans patience, aucune réforme du cœur n’est possible.
Puisque l’invocation (du‘â) fait partie des actes d’adoration qui exigent patience et constance,
il est également important de connaître ce qui empêche son effet lorsqu’on se montre impatient.
Cheikh ʿAbd al-Razzâq al-Badr explique en détail comment l’impatience prive le du‘â de ses fruits,
notamment lorsque la personne dit : « J’ai invoqué, mais rien ne m’a été donné ».
👉 Découvrez ce point dans l’article :
« L’impatience du serviteur »
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3. Les trois conséquences inévitables de l’amour de la dunya
Ibn al-Qayyim – Ighâthat al-Lahfân
Le Prophète ﷺ a dit :
« Ô fils d’Adam, consacre-toi à Mon adoration : Je remplirai ton cœur de richesse et Je t’épargnerai la pauvreté. Si tu ne le fais pas, Je te remplirai de soucis et Je ne t’épargnerai pas la pauvreté. »
Ibn al-Qayyim explique que l’amour excessif de la dunya mène à trois choses :
- un souci constant
- une fatigue continue
- un regret qui ne cesse jamais
Chaque fois que l’homme obtient une part de la dunya, son âme en demande davantage.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Si le fils d’Adam possédait deux vallées d’or, il en voudrait une troisième. »
Rappel essentiel
L’amour démesuré de la dunya n’apporte jamais la satisfaction.
La vraie richesse est dans la relation avec Allah.
Le serviteur doit se méfier de ce qui détourne son cœur de l’au-delà.
À lire absolument
Voici ce qui attend celui qui se détourne du Coran : une vie étroite, lourde et remplie de difficultés. Comprendre ce destin ignoré →
4. La perte de temps : pire que la mort
Ibn al-Qayyim – al-Fawâ’id
La perte de temps est pire que la mort.
La mort te sépare de la vie d’ici-bas, mais la perte de temps te sépare d’Allah et de la demeure éternelle.
Ibn al-Qayyim dit que le plus grand profit du serviteur est d’occuper son âme par ce qui est prioritaire et utile pour l’au-delà.
Rappel essentiel
Le temps est le capital du croyant.
Une minute perdue est une minute qui ne reviendra jamais.
L’homme doit remplir ses journées par :
- le rappel
- la prière
- la connaissance bénéfique
- les œuvres sincères
Celui qui laisse le temps s’évaporer perd l’essentiel.
5. Celui qui vit pour Allah, Allah s’occupe de lui
Ibn al-Qayyim – al-Fawâ’id
Si le serviteur se couche et se lève en ne visant qu’Allah :
- Allah s’occupe de ses besoins
- Il apaise ses soucis
- Il remplit son cœur de Son amour
- Il occupe sa langue par Son rappel
- Il guide ses membres vers Son obéissance
Mais si le serviteur se lève en pensant seulement à la dunya, Allah le laissera à lui-même :
- souci après souci
- amour des gens au lieu de l’amour d’Allah
- recherche de la satisfaction des créatures au lieu de la satisfaction du Créateur
Allah dit :
« Quiconque s’écarte du rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui assignons un diable qui devient son compagnon inséparable. » (43:36)
Rappel essentiel
Le cœur ne peut être rempli que par une seule chose :
- soit par Allah
- soit par la dunya
Celui qui vit pour Allah est porté, facilité, guidé.
Celui qui vit pour la création sera écrasé par ses soucis.
Conclusion
Ces cinq rappels ne sont pas de simples paroles : ce sont des fondations dans la réforme du cœur.
Ibn al-Qayyim, Ibn Kathîr et les pieux prédécesseurs ont résumé ici des vérités qui transforment la vie du croyant :
- la vie est brève
- la patience est indispensable
- la dunya trompe
- le temps est précieux
- et celui qui vit pour Allah trouvera la paix
Qu’Allah purifie nos cœurs, nous accorde la sincérité et nous éloigne de la dunya trompeuse.
| 1 | La vie est brève & le Jugement est proche | Ibn al-Qayyim | I’lâm al-Muwaqqi’în |
| 2 | La patience : obéir et éviter les péchés | Ibn Kathîr | Tafsîr Ibn Kathîr |
| 3 | Les dangers de l’amour de la dunya | Ibn al-Qayyim | Ighâthat al-Lahfân |
| 4 | La perte de temps, pire que la mort | Ibn al-Qayyim | Al-Fawâ’id |
| 5 | Celui qui vit pour Allah, Allah s’occupe de lui | Ibn al-Qayyim | Al-Fawâ’id |