👉 « Asbâb takhalluf athar ad-du‘â »
👉 Source en langue arabe
L’invocation (du‘â) est l’une des causes les plus puissantes pour repousser ce qui est détesté et obtenir ce qui est recherché. Pourtant, il arrive que son effet ne se manifeste pas comme on l’espère. Le Cheikh explique plusieurs causes précises à cela, en citant notamment la parole d’Ibn al-Qayyim رحمه الله sur la puissance du du‘â et les obstacles qui peuvent empêcher son effet.
1. L’effet de l’invocation (du‘â) peut être retardé ou différent
Le du‘â est une cause réelle, mais son effet peut être :
- retardé,
- différent de ce qu’on attendait,
- ou non perçu immédiatement.
L’exaucement n’a pas toujours la forme imaginée par le serviteur.
2. Le du‘â peut être exaucé sous une autre forme
Cheikh al-Badr mentionne que l’exaucement peut être :
- la réalisation du souhait,
- l’éloignement d’un mal,
- ou un effet réservé à l’au-delà.
L’absence apparente n’est donc pas un refus.
3. L’impatience du serviteur
Le Cheikh rappelle le hadith du Prophète ﷺ :
Certains invoquent, puis se lassent, et disent : « J’ai invoqué mais rien ne m’a été donné. »
Cette impatience prive le du‘â de son effet.
Dans l’article « 5 leçons bénéfiques pour purifier son cœur », au point
« La patience : deux formes fondamentales »,
il est rappelé qu’il faut « patienter en accomplissant les obligations et les actes d’adoration ».
Or, l’invocation (du‘â) est elle-même une adoration.
Donc : invoquez… et patientez.
4. L’invocation déplacée ou interdite
Cheikh al-Badr mentionne que certaines invocations contiennent de al-iʿtidâ’, comme :
- implorer des choses interdites,
- dépasser les limites dans la formulation,
- invoquer pour des choses qu’Allah n’aime pas.
Ces du‘â ne sont pas exaucés.
5. Le manque de concentration du cœur
Le Cheikh insiste :
Le du‘â doit venir d’un cœur attentif, humble, sincère et tourné vers Allah.
Lorsque le cœur est distrait, froid ou absent, l’invocation devient comme :
« une flèche tirée d’un arc très lâche » — elle a peu d’effet.
Cette métaphore vient d’Ibn al-Qayyim رحمه الله, cité par Cheikh al-Badr dans cet article.
6. Les péchés et la consommation de l’illicite
Cheikh al-Badr cite explicitement plusieurs obstacles :
- nourriture illicite,
- argent illicite,
- injustice,
- péchés répétés qui marquent le cœur,
- insouciance et divertissement dominant le cœur.
Ce sont des barrières directes à l’effet du du‘â.
7. L’insouciance qui submerge le cœur
Lorsque le cœur est envahi par la négligence (al-ghaflah),
quand il est absorbé par l’oubli et les distractions,
ce climat intérieur affaiblit la force de l’invocation.
Cheikh al-Badr en parle explicitement comme cause supplémentaire.
Conclusion
D’après l’article de Cheikh ʿAbd al-Razzâq al-Badr, tiré de la tradition d’Ibn al-Qayyim رحمه الله, l’absence apparente de l’effet du du‘â ne signifie pas qu’il est rejeté.
Le serviteur doit examiner :
- l’état de son cœur,
- sa sincérité,
- ses actions,
- et les obstacles qui se dressent entre lui et l’exaucement.
Le du‘â reste une cause puissante — mais il doit être accompagné de présence intérieure, de pureté et de confiance en Allah.